les objets simples de Morandi

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« Certains peuvent voyager à travers le monde et ne rien voir. Pour parvenir à sa compréhension, il est nécessaire de ne pas trop en voir, mais de bien regarder ce que l’on voit. » Giorgio Morandi.

Je m’y prends un peu tard pour vous conseiller une expo qui se termine samedi (mais je n’y suis allée que samedi dernier). Si vous en avez la possibilité, hâtez-vous donc d’aller contempler les oeuvres de Giorgio Morandi présentées à la galerie Karsten Greve jusqu’au 7 octobre (samedi prochain). Sinon vous avez encore une chance en poussant jusqu’à Cologne où l’expo se déplace ensuite.
C’est une exposition exceptionnelle dans une galerie (dois-je préciser qu’elle est donc gratuite ?). Elle réunit une soixantaine de peintures, aquarelles et gravures de l’artiste qui a peu produit d’ailleurs. Je vous arrête tout de suite, rien n’est à vendre, même si un monsieur à mes côtés a quand même insisté (parce que très intéressé) et que finalement il a pu laissé son numéro de téléphone (oui on ne sait jamais…). Le hic c’est qu’on a un peu l’impression d’être au Grand Palais vu la rareté de l’évènement, et pour la contemplation ce n’est pas l’idéal (beaucoup de monde).
Surtout que oui, c’est à la contemplation que ces petits formats nous invitent. On rêverait d’en emporter un chez soi et s’asseoir devant pendant des heures, promis on le ramènerait.
Pour en venir au travail de Morandi, il s’agit principalement de natures mortes d’objets du quotidien : vases, bouteilles d’huile, boîtes… Je suis si sensible à son sujet modeste, à ses couleurs feutrées, ses lumières subtiles, à cette idée de répéter, de regarder des objets semblables de manière infinie. Tout se ressemble et pourtant c’est à chaque fois nouveau. Je pense avec émotion à une fresque de Masaccio vu à Florence avec ma mère il y a 20 ans.

Giorgio Morandi à la galerie Karsten Greve

5 rue Debelleyme 75003 Paris

jusqu’au 7 octobre 2017